Programme double
Achraf El Abed + Kaia Portner
ÉDIFICE WILDER | Espace Orange
10 septembre 2026 - 19h30
11, 12 septembre 2026 - 19h
13 septembre 2026 - 16h
Discussion avec les artistes le 11 septembre 2026
16 ans et plus
Lancement de saison le jeudi 10 septembre 🥳
Début du cocktail dès 17h, avec des prises de parole des artistes Fanny Bélanger-Poulin, Do Phan Hoi et Diana León sur le débordement comme geste créatif, comme pratique sociale et politique. Les débordements disciplinaires. Déborder de la scène pour rejoindre différentes communautés, pour réinventer nos langages. Déborder pour (se) créer plus d’espace, pour faire craquer les cadres. Déborder de nos rôles, des limites qu’on s’impose, pour permettre l’excès comme acte politique. Déborder pour habiter nos corps, nos scènes, notre monde autrement.
- Bouchées et verre de bienvenue
- Présentation de la saison par les commissaires
- Surprises
Ouvert à tous·tes sur réservation.
Achraf El Abed
Howa walla heya d’aujourd’hui
Howa walla heya d’aujourd’hui incarne la renaissance. Entre pays d’origine et terre d’exil, l’identité se fracture et se métamorphose. Ni tout à fait d’ici, ni de là-bas, l’artiste apprend à habiter l’entre-deux – entre elle et lui – et à faire du manque une présence, du mouvement un nouvel ancrage. Ce solo explore la وجيعة, une douleur profonde et multiple: quitter son pays, vivre avec le VIH, se découvrir soi-même après la rupture et l’éloignement. À travers le corps, Howa walla heya donne forme à des identités fragmentées, entre vulnérabilité et résistance, entre héritage et réinvention, entre masculin et féminin. Danser devient un acte de guérison où la chair porte les paradoxes.
Achraf El Abed est designer de produits de formation, et danseur, chorégraphe et interprète par passion. Son parcours artistique est marqué par une recherche constante entre traditions, modernité et expression identitaire. Du street jazz au modern jazz, en passant par la danse contemporaine et le voguing, Achraf explore une grande diversité de styles et de techniques. Malgré cette ouverture à différentes disciplines, il demeure profondément attaché à la danse populaire tunisienne féminine et à la danse orientale, qui constituent le cœur de sa démarche artistique. Au fil des années, il a participé à plusieurs créations et spectacles marquants de la scène tunisienne, notamment Lasmer Tounsi de Mounir El Argui et Nouba de Fadhel El Jaziri. Il a également été chorégraphe et danseur dans le spectacle Zine et Aziz, où il a développé un langage chorégraphique mêlant héritage culturel et création contemporaine. En 2019, il crée son premier spectacle, Howa Walla Heya, présenté lors de la cérémonie d’ouverture du Mawjoudin Queer Film Festival. Cette œuvre personnelle aborde les questions de genre, d’identité et de liberté à travers le mouvement. Il participe également aux spectacles Erboukh et Disco El Arabi, enrichissant davantage son expérience de la scène et de la performance. En 2022, Achraf quitte la Tunisie pour s’installer au Canada. Malgré les défis liés à l’exil et à l’adaptation à un nouvel environnement, il poursuit son engagement artistique et continue à faire rayonner sa passion pour la danse. Depuis son arrivée à Montréal, il a présenté plusieurs performances et collaboré à divers événements culturels, notamment le Festival du Monde Arabe de Montréal, Orientalys, Laylit, Haram Party, ainsi que plusieurs autres manifestations artistiques et communautaires. Il s’est également produit au Festival MURAL avec Laylit, poursuivant son implication dans la scène artistique montréalaise. À travers son travail, Achraf cherche à créer des ponts entre les cultures, les identités et les générations. Son approche chorégraphique met en dialogue les danses traditionnelles tunisiennes avec les pratiques contemporaines, offrant un espace de rencontre où le corps devient un outil de transmission, de résistance et de célébration.
Nader Hajri intervient sur la création, la conception et le déploiement d’univers sonores en contexte live. Son travail couvre autant la production de contenu sonore original pour des événements de danse que la gestion technique des systèmes de diffusion. Chaque projet est construit autour de la précision du rendu, de la cohérence musicale et de l’adaptation à l’espace scénique. En tant que DJ connu sous le nom Nad_R, il développe une compréhension avancée de la dynamique musicale et de la lecture de l’énergie d’un public, qu’il intègre dans ses créations et ses choix de design sonore. Dans les projets liés à la danse, il compose des environnements sonores sur mesure, pensés comme une extension du mouvement, où le son structure, accompagne et intensifie la performance sans la dominer. En organisation d’événements, il assure la coordination et la fiabilité de la composante audio, de la préparation à l’exécution en conditions réelles. Une pratique centrée sur la création, la maîtrise technique et la cohérence globale de l’expérience live.
Anas Jellouf est un technicien lumière basé à Montréal qui évolue à la croisée des arts vivants, de la musique et de la création immersive. Fort d’un parcours en audiovisuel et en production scénique, il développe une approche sensible de la lumière, qu’il considère comme un langage à part entière au service du corps, de l’espace et de l’émotion. Son travail s’inscrit dans une recherche de dialogue entre technique et narration, où chaque ambiance lumineuse devient un vecteur de sens, accompagnant les interprètes dans leurs états de présence, de transformation et de mémoire. Parallèlement à son travail technique, Anas est également musicien et créateur sous le nom de Sidi Blue Moon, explorant les liens entre traditions gnawa, rythmes africains et musiques électroniques. Cette double pratique nourrit sa compréhension du rythme, de l’énergie scénique et des dynamiques performatives. À travers des projets interdisciplinaires, il collabore avec des artistes issus de la danse, du théâtre et de la musique en portant une attention particulière aux œuvres engagées, où l’intime rejoint le politique. Dans Howa walla heya d’aujourd’hui, il accompagne la démarche chorégraphique en sculptant la lumière comme un espace de révélation, de vulnérabilité et de renaissance.
Zeyneb Raissi est designer de produits et diplômée de l’Institut des beaux-arts de Tunis. Son expérience couvre le design et la production d’art contemporain. Elle a été coordinatrice de production pour Titled Frame, supervisant l’exécution et la coordination interfonctionnelle, et commissaire de l’exposition Cluster of Matter, façonnant l’expérience spatiale et narrative de l’exposition.
Ce spectacle est une traversée de la mémoire, du désir et de la résistance. À travers le mouvement, je rends hommage à mes ancêtres, à ma famille et à l’héritage stambeli qui m’accompagne depuis l’enfance. Je puise dans cette mémoire familiale pour interroger les liens entre spiritualité, identité et transmission.
Au cœur de cette création se trouve également la figure de Tanit, déesse ancestrale de l’Afrique du Nord, que je réinvente à travers l’imaginaire d’un mariage tunisien traditionnel. Entre rituel, célébration et performance, cette figure devient un espace de réflexion sur le féminin, le sacré et la liberté.
Cette œuvre est aussi une recherche sur la place de la sexualité dans les danses traditionnelles tunisiennes. Derrière les gestes, les regards et les mouvements transmis de génération en génération se cachent des récits de désir, de pouvoir, de séduction et de transgression qui sont souvent passés sous silence.
Entre héritage et réinvention, entre célébration et résistance, ce spectacle est une invitation à regarder autrement nos traditions et les histoires qu’elles portent en elles.
Enfin, ce spectacle est dédié aux personnes queers de mon pays, à leur courage et à leur lutte quotidienne contre les normes et les systèmes qui cherchent à les effacer. En évoquant la figure du Bacha Bazi et d’autres corps marginalisés par l’histoire, je souhaite faire émerger des mémoires oubliées et célébrer celles et ceux qui continuent d’exister malgré tout.
Kaia Portner
Capital Erotica
Une illusion fantasmatique, la showgirl naît des tensions économiques et de la dépense sensuelle. Dans une performance où le glamour et la vulnérabilité se synchronisent, Capital Erotica explore la déconstruction des codes du burlesque et de la danse à gogo, le désir comme état contemporain hybridé, et la féminité comme système de navigation à travers la responsabilité entre l’intimité et le pouvoir. S’inscrivant dans une pratique ancrée dans la vie nocturne montréalaise, codifiée par des archétypes historiques, le cabaret et la cabine de DJ, ce solo se tourne vers les implications personnelles et futures de ce que signifie être une showgirl. Entrez dans un monde de métamorphose où le corps devient un spectacle à observer de manière explicite!
Soutien financier Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts du Canada, Art Volte (à confirmer)
Résidences Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce, Studio Bizz
Kaia Portner est une danseuse, chorégraphe et performeuse showgirl basée à Montréal. Sa pratique se situe à la croisée de la danse contemporaine, du burlesque et de la performance issue de la vie nocturne. Titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts en danse contemporaine et chorégraphie de l’Université Concordia, elle explore la performance de la showgirl comme une loupe culturelle, à travers laquelle elle interroge les dynamiques de pouvoir, du spectacle et du regard. Par une esthétique exacerbée et une grande précision chorégraphique, son travail examine la manière dont les corps sont consommés, célébrés et politisés sur scène et dans les espaces nocturnes. Son plus récent solo, Capital Erotica, a été présenté par Tangente dans le cadre de Danses Buissonnières en 2024. Elle a également présenté des extraits de sa recherche chorégraphique I’m-Pulse lors du Marathon du Studio 303 et en collaboration avec Art Volte x POP Montréal. Ces projets témoignent de son intérêt pour la liminalité, le rituel performatif et le corps à la fois comme spectacle et comme agent de perturbation. L’identité artistique de Kaia est étroitement liée à son personnage de showgirl, Nomi Nova, développé à travers une expérience approfondie de la vie nocturne montréalaise. Elle s’est produite dans des lieux tels que Yoko Luna, Bordelle, La Voûte, The Wiggle Room, La Nuit Shanghai et le Cabaret de Curiosités. Cette immersion nourrit une pratique où divertissement et réflexion critique coexistent. Parallèlement à sa pratique chorégraphique, Kaia collabore avec des artistes de divers horizons pour des performances scéniques et à l’écran, notamment avec Beli (Osheaga 2025), K. Maro, Maze, France Castel et Xela Edna. Elle enseigne également des cours de Sensual Flow et de Heels au Studio Bizz, favorisant une approche du mouvement axée sur la conscience corporelle, l’agentivité et la sensualité dans un cadre inclusif.
Mada Mada est un artiste basé à Montréal dont la musique fusionne des influences pop et alternatives pour créer des paysages sonores riches, texturés et oniriques. Compositeur de musique de film de formation, sa sensibilité cinématographique imprègne chaque aspect de son écriture et de ses arrangements, où chaque couche est soigneusement pensée pour susciter l’émotion. Avec trois mini-albums à son actif et une récente apparition à Vue sur la Relève, Mada Mada continue de se tailler une place distincte sur la scène musicale indépendante. Il travaille également comme réalisateur (Sandrine St-Laurent, J.A.M., Miro, Claudia Bouvette, ainsi que le long métrage d’animation Butterfly Tale), et a collaboré à des films tels que Les chambres rouges.
Le processus a débuté par une référence à Liminality and Communitas de Victor A. Turner, dans lequel sont explorés les concepts de rituels de transformation au sein des identités sociales. En s’articulant autour de trois phases distinctes — séparation, liminalité et agrégation — le texte de Turner devient une structure pertinente pour la chorégraphie. En réfléchissant à l’acte de métamorphose, je suis fascinée par la manière dont nos désirs culturels et érotiques se reflètent dans les tendances que nous recherchons dans le spectacle vivant. Ce cadre n’est pas uniquement structurel, mais aussi conceptuel. Les étapes proposées par Turner me permettent d’examiner les implications socioculturelles de la sensualité en tant que pouvoir, le contrat entre le public et l’interprète, ainsi que les façons dont les espaces de performance médiatisent l’intimité. La liminalité devient alors un outil pour interroger, incarner et recontextualiser une performance burlesque à travers une durée prolongée, une recherche vestimentaire plus approfondie et une identité en mutation pour mon personnage de showgirl, Nomi Nova.