Danses Buissonnières 2026

Ekspresyon + Dona-Bella Kassab & Shanyça Elie-Leconte + Desirée Keresztes James + Yanik Savoie + Johanna Simon

ÉDIFICE WILDER | Espace Vert

 

26 septembre 2026 - 19h

27 septembre 2026 - 16h

28 septembre 2026 - 19h

29 septembre 2026 - 19h

 

Discussion avec les artistes le 28 septembre

7 jeunes artistes font leurs premiers pas professionnels sur scène, mais ceux-ci les emmènent sur des chemins divergents. Fidèle à ses habitudes, le jury de Danses Buissonnières a commissarié une soirée diversifiée où les perspectives se multiplient et la danse s’exprime en toute liberté. La migration haïtienne, un exutoire aux expériences oppressives, l’intelligence artificielle, la déconstruction du genre et le conditionnement social de nos gestes servent tour à tour d’inspiration pour propulser la recherche chorégraphique. Ces 5 œuvres ont été sélectionnées parmi 39 par un jury composé des artistes Sarah Elola, Nasim Lootij, Lucy M. May, Mukoma-K. J. Style Nshinga et Charo Foo Tai Wei. Le talent de l’émergence annonce une soirée forte!

Tous les projets ont bénéficié du soutien du Conseil des arts de Montréal et de la Caisse Desjardins de la Culture dans le cadre de notre projet de financement participatif «Donnez un coup de pouce, déplacez une montagne!» sur la plateforme La Ruche, partenaire de Tangente.

Les artistes de Danses Buissonnières ont bénéficié de résidences offertes par Tangente.

L’ordre des pièces peut être modifié sans avis préalable.

1re œuvre

Ekspresyon

Entwospeksyon

Entwospeksyon plonge au cœur de l’expérience migratoire haïtienne à travers une œuvre mêlant danse, son et art visuel. Dans un café-bar, Kiskeya termine son quart. Épuisée, elle se retrouve en dialogue avec Ogou, lwa de la justice et la protection. Entre fatigue et quête de sens, elle cherche la force de continuer. Entwospeksyon donne corps aux réalités diasporiques; celles qui habitent, traversent et transforment. Une œuvre vibrante qui rend hommage à Haïti, aux héritages immatériels et à la capacité d’aller de l’avant malgré tout.

10 minutes
Portrait d'Abigail Michel
Abigail Michel
Chorégraphie, interprétation et mise en scène
Portrait d'Aïka Mathelier
Aïka Mathelier
Chorégraphie, mise en scène et répétitions
Portrait de Magdaléna Plétan
Magdaléna Plétan
Interprétation et dramaturgie
Portrait de Soraya Toussaint
Soraya Toussaint
Interprétation
Portrait de Chloë Bonnet
Chloë Bonnet
Interprétation
Portrait de Mikaèle Alexandre
Mikaèle Alexandre
Interprétation
Portrait de Sarah-Lynn Joseph
Sarah-Lynn Joseph
Interprétation
Portrait de Béatrice Paul-Roc
Béatrice Paul-Roc
Interprétation
portrait de Luchida Michel
Luchida Michel
Interprétation
Portrait de Ronald Nazaire
Ronald Nazaire
Percussions
Portrait de Karl-Henry Brezault
Karl-Henry Brezault
Percussions
Portrait de Jivings Hilaire
Jivings Hilaire
Percussions
Portrait de Catherine Bourguinat
Catherine Bourguinat
Percussions
Portrait de Kathleen Charles
Kathleen Charles
Chant
Portrait de Nitsé Mathelier
Nitsé Mathelier
Collaboration
Portrait de Sophie Robert
Sophie Robert
Conception d'éclairage
Chloé Guilbert-Savary
Regard extérieur

Résidences Centre des Arts de la Maison d’Haïti, Centre Création Danse Nyata Nyata, Tangente

Abigail Michel est une praticienne du mouvement et performeuse originaire d’Haïti, établie à Montréal. Elle utilise la danse et le mouvement comme des outils de transformation, de résistance et comme une manière d’habiter le monde. Sa pratique artistique s’intéresse à l’expérience humaine et cherche à incarner les récits intérieurs à travers la richesse gestuelle et symbolique des danses traditionnelles haïtiennes. Abigail détient un baccalauréat en arts (spécialisation en sciences humaines) de l’Université York et a complété le Programme d’entraînement et de formation artistique professionnelle en danse (PEFAPDA) chez Zab Maboungou/Compagnie Danse Nyata Nyata. Elle rejoint le collectif Ekspresyon en 2021, où elle participe à plusieurs créations chorégraphiques. En 2023, elle commence à y enseigner et, en 2025, elle en devient directrice artistique.

Aïka Mathelier est chorégraphe et enseignante, membre d’Ekspresyon depuis 2011. Elle y occupe le poste de directrice générale et artistique de 2019 à 2025. En 2019, elle cofonde Espas YOUN, séminaire intensif annuel de danse traditionnelle haïtienne, avec Shérane Figaro et Cindy Belotte. Formée en Haïti de 1993 à 2007 à l’Académie haïtiano-américaine de ballet et des arts, elle intègre le Théâtre de danse contemporaine haïtiano-américain, et poursuit son perfectionnement à Montréal lors d’un séminaire intensif au Ballet Divertimento en 2005. Elle reçoit une médaille d’or au Festival DansEncore en 2009 et le Prix de la relève en danse du Centre des arts de la Maison d’Haïti en 2024. Elle a aussi fait partie de la cohorte 2025-2026 du Studio 303 en résidence. Sa démarche chorégraphique, profondément collaborative, tisse un dialogue entre les traditions haïtiennes, le ballet et les langages contemporains, tout en intégrant des influences urbaines et jazz.

Magdaléna Plétan est une artiste de la danse et une pédagogue qui déploie une gestuelle habitée, à la croisée des danses urbaines, des techniques africaines et d’une recherche somatique en pleine exploration. Son identité artistique s’est profondément ancrée lors de sa rencontre avec Germaine Acogny à l’École des Sables, où elle a puisé une vision du corps à la fois sensible et puissante. Depuis 2024, elle poursuit ce cheminement au sein de la compagnie Ekspresyon, s’imprégnant de la mémoire vive et de l’exigence technique des danses haïtiennes. Actuellement chercheuse à la maîtrise à l’UQAM, elle explore les concepts de «colonne-archive» et de rituels d’accueil pour interroger la trace du mouvement. Professeure de danse inclusive, elle s’engage à faire du geste un espace de rencontre accessible, reliant héritages culturels et expressions contemporaines.

Soraya Toussaint danse depuis l’âge de deux ans, guidée très tôt par son énergie et son sens naturel du rythme. Elle se forme en ballet, ballet jazz, contemporain et folklore haïtien, développant ainsi une base technique riche et diversifiée. Après son arrivée à Montréal, elle élargit sa pratique en explorant des styles urbains tels que le dancehall et l’afrobeat, qui nourrissent davantage son identité artistique. En 2025, elle rejoint la troupe Ekspresyon, où elle enrichit ses connaissances en danses traditionnelles haïtiennes. En 2026, elle amorce son début de carrière en danse en tant qu’enseignante. À travers son enseignement, Soraya souhaite partager la culture haïtienne, déconstruire les stigmas entourant les danses traditionnelles et diffuser une énergie positive.

Chloë Bonnet danse depuis l’âge de trois ans et possède une solide formation en ballet classique ainsi que dans plusieurs styles. Formée avec le Royal Academy of Dance et au Centre d’excellence artistique de l’Ontario (2009–2013), elle se produit dans des lieux importants à Ottawa. En 2018, elle part à New York pour se perfectionner dans des écoles renommées et collabore avec divers chorégraphes. De retour à Ottawa en 2020, elle enseigne, crée et participe à des projets artistiques. Membre de l’Ordre des enseignantes et enseignants de l’Ontario, elle forme de futurs pédagogues et danseurs. Depuis 2024, elle danse avec Ekspresyon à Montréal.

Mikaèle Alexandre est une femme curieuse de nature qui adore explorer le mouvement sous ses différentes formes. C’est en commençant par la gymnastique qu’elle s’est ensuite dirigée vers le hip-hop et la danse contemporaine. Elle évolue à travers le heels, la house, le whacking ainsi que, plus récemment, les danses traditionnelles haïtiennes et le yoga. Alors que le heels est son style de danse de prédilection qui lui donne des ailes et l’empower, ce sont les danses traditionnelles haïtiennes qui la ramènent à sa spiritualité, à ses racines et à la culture de sa famille.

Luchida Michel est une artiste multidisciplinaire autodidacte, consultante en santé physique et praticienne naturopathe basée à Montréal. Elle crée et interprète des performances qui tissent poésie, mouvement et guérison collective. Son travail explore le corps comme territoire de mémoire, d’identité et de transformation. Formée en danse sociale et contemporaine, en théâtre et en improvisation, elle développe une gestuelle ancrée dans le mouvement conscient et les sagesses traditionnelles Yi Jing. Interprète de premier niveau avec la troupe Ekspresyon de Montréal depuis 2024, elle œuvre aussi dans le milieu communautaire et les OBNL. Elle croit que le mouvement est un acte politique autant qu’un acte de soin.

Passionnée de danse depuis l’enfance, Sarah-Lynn Joseph a développé son art de manière autodidacte, guidée par le plaisir de bouger librement. Pour elle, le mouvement est une façon de s’aimer, de se reconnecter à soi et de s’exprimer pleinement, ce qui l’amène aussi à pratiquer régulièrement le sport. À son arrivée à Montréal, elle a suivi des formations en dancehall et en afrobeat, et participé à plusieurs spectacles. En 2018, sa rencontre avec Ekspresyon lui a permis d’explorer une nouvelle dimension de son identité haïtienne à travers la danse. Depuis 2021, elle transmet cette passion en enseignant avec énergie, authenticité et engagement.

Passionnée de danse depuis son enfance, Béatrice Paul-Roc a exploré plusieurs styles, dont le ballet jazz, le hip-hop, le baladi, l’afrobeat et la danse contemporaine. Dès l’adolescence, elle développe également son intérêt pour la création chorégraphique en concevant ses propres performances. Sa rencontre avec Régine Cadet au studio Montecristo marque le début de son parcours en danse traditionnelle haïtienne, qu’elle poursuit ensuite à l’Académie de danse Pascale Durosier ainsi qu’à travers divers ateliers spécialisés avec Shérane Figaro. Elle continue également de perfectionner son art auprès de Sibyl Graham et Aïka Mathelier d’Ekspresyon et d’Ayiti Pazapa. Aujourd’hui professeure de danse chez Ekspresyon, Béatrice transmet avec passion son expertise et contribue activement à la valorisation de la culture haïtienne par l’enseignement, la création et la performance artistique.

Né à Port-au-Prince en 1981, Ronald Nazaire débute son apprentissage avec son père, maître des percussions et des rythmes haïtiens. À 11 ans, il rejoint la troupe nationale et représente Haïti comme musicien. Son talent est rapidement reconnu par le groupe engagé Kampèch, avec lequel il performe à travers Haïti et aux États-Unis lors d’événements tels que le Carnaval d’Haïti, le Jazz Festival de Louisiane et le Roots and Culture Festival de Miami et New York. Arrivé à Montréal en 2008, il s’implique dans la scène artistique locale et collabore avec plusieurs artistes haïtiens et le groupe Rara Soley.

Né à Montréal de parents haïtiens, le percussionniste Karl-Henry Brezault s’est donné pour mission de préserver et de partager la richesse de sa culture d’origine à travers ses rythmes traditionnels. Attiré par cet instrument mystérieux depuis toujours, c’est en 2005 qu’il s’y met sérieusement et il a depuis eu la chance d’apprendre en jouant auprès de maîtres percussionnistes tels que Wikenson d’Haïti, Jean Rody joseph et  Ronald Nazaire, pour ne nommer que ceux-là. Il œuvre maintenant sur la scène artistique montréalaise en tant que membre et cofondateur du groupe de musique traditionnelle Rara Soley et également comme membre d’Ayiti Percu, groupe qui s’occupe de la transmission du savoir en offrant des ateliers et  des cours de percussion à des groupes de tous âges.

Jivings Hilaire est un percussionniste né aux États-Unis et ayant grandi au Canada, avec une âme profondément enracinée en Haïti. Inspiré par ses racines et le tambour de la liberté, il découvre très jeune sa passion avec un simple pot de beurre d’arachide avant de jouer du tambour traditionnel. À travers les rythmes ancestraux, il exprime l’héritage de ses aïeux et partage sa culture avec fierté. Son parcours l’a amené à participer à des festivals, des événements sportifs et des activités communautaires grâce aux connaissances acquises dans la troupe de danse Ekspresyon.

Catherine Bourguinat a découvert la culture haïtienne à travers la danse et les chants de tambours. À un moment donné, l’appel des tambours et des percussions a pris le dessus, éveillant en elle une passion profonde. Elle est convaincue que les rythmes, les sons et les mouvements sont aussi des voies puissantes par lesquelles de grandes guérisons s’opèrent. En quête d’apprentissage et de connaissances, elle participe régulièrement à l’accompagnement de cours de danse haïtienne aux côtés de maîtres tambourineurs qui la guident et la conseillent.

Kathleen Charles (elle/iel) est une artiste de scène, chanteuse, écrivaine et thérapeute en arts créatifs d’origine haïtienne, basée à Tio’tia:ke (Montréal). À l’heure actuelle, sa pratique s’inspire fortement de la pensée féministe noire, de la fiction spéculative noire, de la réindigénisation et de la nature libératrice inhérente à la spiritualité vaudou haïtienne. À travers sa pratique artistique, elle utilise le mouvement, l’écriture et la voix comme des héritages ancestraux ou des technologies spirituelles somatiques pour jeter les bases d’une pratique aussi spirituelle qu’artistique.

Nitsé Mathelier est réalisatrice et photographe. Née en Haïti, elle s’est installée à Montréal en 2009. À travers ses projets et son travail, elle cherche à contribuer à une meilleure connaissance de la culture haïtienne et à une meilleure représentation des communautés afrodescendantes. À partir de 2017, elle s’implique et se joint au collectif Ekspresyon et y apporte ses connaissances et compétences en communication, photographie, vidéographie, réseaux sociaux et identité visuelle. Elle contribue à plusieurs projets vidéos, dont Lenglensou (2021), Tanboum Sa La (2021) et Yon ti limyè (2025). En 2020, elle écrit et réalise son premier court-métrage, KASE CHENN. Elle a aussi participé à la formation P.R.I.S.M.E de Main Film. Elle réalise son premier long-métrage documentaire, Memwa (à paraître).

Notre démarche créative s’articule autour d’un dialogue entre le corps, la mémoire et l’expérience diasporique. À partir du yanvalou, danse d’introspection de la culture haïtienne, nous explorons l’ondulation comme moyen de traverser la vie, de résister et de se relier à notre héritage invisible. La colonne vertébrale, axe central, soutient et porte les traces du vécu. Ancrée dans les danses traditionnelles haïtiennes, notre dramaturgie allie chants, tambours et vèvè. Le tracé vèvè d’Ogou au sol symbolise les trajectoires de déplacements, de résistance physique et mentale ainsi que les tensions émotionnelles reliées à la migration. Les récits migratoires du collectif et de la communauté nourrissent des états d’être — fatigue, espoir, adaptation — que nous transposons en mouvement, tissant ainsi un voyage collectif. Entwospeksyon devient un espace sensible où gestes, rythmes et mémoires diasporiques se rencontrent et se transforment.

2e œuvre

Dona-Bella Kassab & Shanyça Elie-Leconte

Maktoub : pas de bliss sans diss

À quoi ressemblent deux âmes en rage domestiquée cherchant à panser leur cœur ensemble? Dans une authenticité brute, Doni invite Shany à utiliser la création chorégraphique pour naviguer à travers les maux qui ont forgé leurs personnalités d’aujourd’hui. Le duo s’engage dans un rituel de purgation où confrontation et communion vont de pair pour canaliser l’amertume, traverser le deuil des ressentiments et faire jaillir une exaltation de soi résolument tournée vers l’avenir. Ensemble, ielles ravivent des souvenirs enfouis pour mieux s’en affranchir. Pour que le diss devienne un bliss. Maktoub veut dire «c’était écrit». À travers ce rituel chorégraphique où se bousculent un passé surréel et des pulsions absurdes, arriveront-ielles à faire la paix avec leur destin?

10 minutes
Portrait de Dona-Bella Kassab_crédit Marion Chuniaud
Dona-Bella Kassab
Chorégraphie, mise en scène, écriture et interprétation
portrait de Shanyca Elie-Leconte
Shanyça Elie-Leconte
Soutien à la création, écriture et interprétation
Portrait Chanel Cheiban_crédit de Jade Maya Gabriele
Chanel Cheiban
Regard extérieur et collaboration
Portrait de Sophie Robert
Sophie Robert
Conception d'éclairage

Résidences José Navas/Compagnie Flak

Dona-Bella Kassab, néᐧe à Gatineau, originaire du SWANA, est aujourd’hui baséᐧe à Tio’tia:ke/Montréal. Iel performe par la danse et le théâtre avec une qualité de présence inédite. En 2020, ielle fait ses débuts comme créatrice en art de la scène et de l’installation. Depuis, iel présente son travail dans divers festivals au Québec, sur des scènes underground, ainsi que in situ, notamment à travers sa série mensuelle Performance à Domicile. Après des études en arts visuels et médiatiques, ielle poursuit son parcours académique à l’École supérieure de théâtre et en danse contemporaine à Concordia. Pourtant, ses plus grands apprentissages se sont fait en dehors des circuits institutionnels. Iel traverse les disciplines en arts vivants avec une approche prônant l’innovation des esthétiques, des méthodes, des imaginaires. Doni se passionne pour plusieurs danses distinctes, en particulier le punking. Interprète pluridisciplinaire, sa posture se distingue par son bagage militant et son regard lucide et empathique sur le monde.

Shanyça Elie-Leconte est une artiste multidisciplinaire basée à Montréal. Elle pratique la danse, le rap et la musique. À 13 ans, elle s’initie au mambo (salsa new yorkaise) qui a été son premier style de danse. L’assurance dégagée dans cette danse lui a donné envie d’en apprendre plus sur cette culture. Elle continue de se perfectionner jusqu’à maîtriser de multiples styles de danses urbaines, tels que le old-school hip-hop, le break, le popping, le krump, le waacking, et le videostyle à l’école UEZ de Montréal. Plus tard, elle intégre la première cohorte de l’école de danse contemporaine Big Bang, fondée par Stéphanie Decourteille. Shanyça peaufine sa signature artistique à travers le freestyle, le storytelling et l’univers des battles, autant de danse que de rap. Depuis plus d’une décennie, l’artiste témoigne de tout ce qui traverse les quartiers défavorisés montréalais pour en faire sa source d’inspiration continue. Elle croit sincèrement que l’art élève les générations de demain et a le pouvoir de toucher tous les cœurs.

Né de la rencontre synchrone entre Doni et Shany, le processus créatif de Maktoub unit deux trajectoires guidées par une même quête d’oasis pour le cœur. Pour y parvenir, le duo puise dans ses langages corporels pluriels, multiculturels et complémentaires. À travers un montage chorégraphique intuitif basé sur le reenactment, ielles plongent dans des souvenirs désillusionnants pour leur insuffler un sens nouveau. Les mémoires se mutent en mouvements à travers le filon esthétique du basketball, point d’ancrage et lieu de connexion insolite des deux performeuxᐧses. Ensemble, ielles activent un rituel visant à briser les interprétations figées d’ielles-mêmes et tendre vers une agentivité des corps. Transformer la colère en une folle sagesse? C’est du moins la tentative de cette danse qui explore le mouvement en trois dimensions: réel, surréel et poétique.

3e œuvre

Desirée Keresztes James

'making life easier'

‘making life easier’ explore ce que signifie vivre avec l’intelligence artificielle. Ce solo fantastique reproduit la sensation que vos données sont exploitées comme outil pour gagner votre faveur d’une manière qui évoque la convivialité et inspire la confiance. L’interprète enlève des couches à mesure que la pièce se désagrège afin de révéler des irrégularités et des incohérences dans le prévisible, jouant avec nos attentes. ‘making life easier’ aborde les thèmes de la tromperie et de l’indistinction, et demande: comment nos comportements témoignent-ils de notre humanité et comment distinguons-nous l’expérience humaine de l’émulation?

10 minutes
Portrait de Desirée James, photo de Kristina Hilliard
Desirée Keresztes James
Chorégraphie et interprétation
Autoportrait de Natasha Dennison
Natasha Dennison
Costumes
Portrait de Sophie Robert
Sophie Robert
Conception d'éclairage
Portrait of Sydney Bluk
Sydney Bluck
Soutien au projet et œil extérieur

Résidences José Navas/Compagnie Flak

Desirée Keresztes James (elle/iel) est unᐧe artiste émergentᐧe en danse contemporaine baséᐧe à Tio’tià:ke/Montréal depuis 2023, dont la pratique artistique explore un regard queer et la mise en scène du camp. Iel détient un baccalauréat en beaux-arts en danse contemporaine de l’Université Simon Fraser et a étudié au Trinity Laban Conservatoire of Music and Dance ainsi que dans le programme Big Bang. En tant qu’interprète, iel a eu l’occasion de collaborer avec Alexandra Caprara, Rob Kitsos et Emmalena Fredrikkson, avec des œuvres présentées à l’échelle nationale et internationale. Elle a fait ses débuts comme chorégraphe à NextFest 2025 avec une œuvre solo intitulée Disrupting Synth Clarity, et a récemment complété une résidence d’un mois au Áras Éanna Arts Centre à Inis Oírr, en Irlande, dans le cadre d’une recherche et d’une collaboration créatives. En mêlant art élitiste et art populaire, elle crée des performances audacieuses qui célèbrent l’authenticité et embrassent la différence, invitant le public à s’engager avec des perspectives alternatives.

Natasha Dennison (elle/iel) est née à White Rock, en Colombie-Britannique, sur les terres ancestrales non cédées de la Première Nation Semiahmoo et sur le territoire plus vaste des peuples Salish de la côte. Elle a grandi sur les terres ancestrales des Premières Nations algonquines et Kinakwii, à North Augusta, en Ontario. Elle a étudié les arts visuels à l’Université OCAD de Toronto, en Ontario, et a récemment obtenu son diplôme de l’École des arts contemporains de l’Université Simon Fraser à Vancouver, en Colombie-Britannique. Natasha consacre son énergie à l’exploration des excentricités sonores, chorégraphiques et émotionnelles, ainsi qu’à la complexité et à la force des émotions. Abordant souvent les thèmes du camp, de l’océanographie et de la biologie végétale, de la mémoire et de l’identité personnelle, son travail explore une grande variété de sujets, entre recherche et célébration. Elle s’inspire de la couleur, de la texture et de l’histoire queer. En tant que créatrice de costumes, elle a collaboré avec The Falling Company, Ghinwa Yassine, Sophie Dow et Desirée Keresztes James, et a également travaillé sur plusieurs projets personnels.

‘making life easier’ a commencé comme ma campagne personnelle de dénigrement de l’IA. J’étais fatiguée de son usage croissant, surtout des LLM et des agents conversationnels, et je voulais canaliser cette frustration vers un objectif précis. Ce qui m’a frappé, c’est la manière dont le public interagit avec ces outils, et surtout comment les gens sont amenés à adopter des comportements qui dépassent la pensée rationnelle.

La création du «persona» de ce solo émule le phénomène d’anthropomorphisme des agents conversationnels personnels, une programmation conçue pour créer un cycle de collecte de données afin d’augmenter leur usage. Dans ma recherche chorégraphique, j’ai exploré cela en posant la question suivante: quelle est la différence entre une action intrinsèque et une action performée? De là émerge un jeu entre l’humanité que l’art projette sur «le robot» et la représentation honnête d’une bienveillance manipulatrice propre à notre réalité avec l’IA.

4e œuvre

Yanik Savoie

Mue de peau

La crise d’adolescence et le pelage de chair animent ce solo. Alors que résonne de la musique classique, une déconstruction du conditionnement social des corps genrés et dansants se révèle à travers le processus de devenir. Sur une scène couverte d’une mue de plastique, un interprète vêtu d’une robe blanche dévoile les curiosités d’expressions de genre et queers présentes dès l’enfance. À travers l’utilisation des effets psychologiques et physiques que la socialisation impose à ses sujets – se tenir droit, atteindre la perfection, se conformer aux rôles genrés, le tout en conservant un sourire – émerge une poétique du dérangement où la danse devient un acte de réappropriation et de liberté.

10 minutes
Portrait de Yanik Savoie, photo de Hugo St-Laurent
Yanik Savoie
Chorégraphie et interprétation
Portrait de Mia Catherine Pereira, photo de Liam Gover
Mia Catherine Pereira
Collaboration au mouvement et dramaturgie
Portrait de Sophie Robert
Sophie Robert
Conception d'éclairage

Résidences José Navas/Compagnie Flak

Yanik Savoie (il/lui) est un artiste acadien basé à Tiohtià:ke/Montréal. Étant chorégraphe, interprète et enseignant en danse contemporaine, il vise à faire partie d’un processus créatif et à voyager avec son art. En tant qu’étudiant en danse contemporaine à l’Université Concordia, il utilise le montage vidéo et le dessin comme méthodologies dans sa pratique artistique, servant de catalyseur à la création. Il a interprété la chorégraphie de Vir Andres Hera At the Limit of the Otherworldly Limit of the World, accompagnée de Kama La Mackerel, à la Fonderie Darling en 2025. Il est fasciné par la beauté tout comme le dégoût, la joie, le dérangement, la sexualité, le genre et l’épuisement du corps humain.

Mia Catherine Pereira est une interprète, chorégraphe et autrice portugaise-canadienne installée à Montréal. Elle est attirée par la danse en tant qu’outil de narration et de développement de l’empathie, et s’intéresse particulièrement à la théâtralité, à l’excès et au camp. Ses intérêts chorégraphiques se situent dans l’oscillation entre sincérité et spectacle. Sa formation s’appuie sur le ballet classique, acquise à la Royal Academy of Dance, ainsi que sur le jazz, les claquettes et la danse moderne, étudiés auprès de l’Imperial Society of Teachers of Dance. Mia Catherine espère continuer à travailler avec des artistes passionné·es par le processus, qui n’ont pas peur de la discipline et qui s’engagent dans des pratiques de mouvement privilégiant la rigueur, l’attention et l’épanouissement.

J’envisage la chorégraphie comme un outil politique dans le cadre de ma recherche sur l’identité de genre et des corps dansants. Cette exploration me conduit à la figure du corps monstrueux, qui me permet de mettre en lumière une beauté alternative, une beauté dégoûtante. J’utilise mon propre corps comme médium pour révéler les effets psychologiques, physiques et esthétiques que le conditionnement sociétal inflige à ses sujets.

J’utilise des constructions stéréotypées de genre codifiées, ainsi que les attentes sociétales liées au genre dans des actes et expressions queers, afin de transformer ces contraintes en matière chorégraphique, une forme de résistance. 

En regardant mon enfance à travers des cassettes VHS prises par mes parents de ma naissance jusqu’à ma fête d’un an, j’observe mes mémoires d’enfance comme matériaux de recherche, avec cette question: comment pouvons-nous utiliser les souvenirs d’enfance comme outils politiques pour déconstruire les corps genrés dans la société?

5e œuvre

Johanna Simon

Minuit portant

À qui appartiennent nos gestes? Minuit portant part de là, de ces mouvements appris très tôt: être serviable, sourire au bon moment, se contenir. Des gestes anodins en apparence, mais profondément ancrés. Entre danse contemporaine et théâtre physique, la pièce déploie un langage entre contrôle et débordement, porté par une musicalité qui glisse du classique à des pulsations électro. Dans un décor inspiré du XVIII siècle – entre salon et vitrine – mobilier et costumes deviennent partenaires de jeu. Deux femmes passent de l’objet au vivant, rejouant ce qui leur a été transmis. Qui parle quand le corps bouge? Est-ce un choix ou une répétition? Alors elles cherchent, dans les écarts, dans les glissements, peut-être un espace fragile à habiter sans performer.

10 minutes
Portrait de Johanna Simon
Johanna Simon
Chorégraphie, mise en scène et interprétation
Portrait de Sarah Roy
Sarah Roy
Interprétation
Portrait de William-Nicolas Tanguay, photo de Seynarose
William-Nicolas Tanguay
Dramaturgie
Portrait d'Hannah Covey
Hannah Covey
Collaboration
Portrait d'Alexander Ellison
Alexander Ellison
Collaboration
Portrait de Sophie Robert
Sophie Robert
Conception d'éclairage

Résidences José Navas/Compagnie Flak

À la croisée de l’intuition et de la recherche, Johanna Simon aborde le mouvement comme un espace où le corps devient matière, langage et territoire de transformation. Basée à Tiohtià:ke (Montréal), elle œuvre comme chorégraphe, danseuse-interprète et enseignante. Titulaire d’une Licence universitaire en éducation et motricité, avec une spécialisation en parapente (STAPS, 2016, France), et d’un Baccalauréat en pratiques artistiques (UQAM, 2021), elle développe une approche centrée sur les gestes — transmis ou choisis — et leurs significations. Issue d’un parcours sportif, elle se dirige vers la danse contemporaine puis le théâtre physique, où elle explore le détournement des logiques du corps performant vers des écritures scéniques conjuguant physicalité, humour et absurde. En 2023, elle fonde le collectif d’artistes APARTÉ & Co, au sein duquel elle développe ses projets chorégraphiques, dont La Ménagerie, présentée au Fringe Festival d’Ottawa. Son travail propose un regard critique et incarné sur nos conditions humaines.

Portée par un regard curieux sur le monde, c’est à travers la danse que Sarah Roy fait vivre son enfant intérieur. Constamment à la recherche de nouvelles façons d’élargir sa pratique, c’est entre le DEC en danse au Collège Montmorency, le programme de danse contemporaine à The School of Dance d’Ottawa et la formation Big Bang à Montréal qu’elle trouve une place pour le jeu et l’expérimentation. Durant son parcours, elle a l’occasion de se pencher sur la création d’œuvres et de s’immerger dans l’univers de différentᐧes chorégraphes, lui révélant une attirance pour l’improvisation, la théâtralité et un intérêt grandissant pour la rencontre des corps.

Originaire du Lac-St-Jean, William-Nicolas Tanguay est un artiste en danse contemporaine et créateur interdisciplinaire basé à Montréal. Sa pratique se situe à la croisée du mouvement chorégraphique, du geste libre et des dispositifs scéniques, où il s’intéresse à la manière dont le corps devient vecteur de sens dans un rapport de dépendance sous règles esthétiques, de son contexte culturel et de son environnement performatif, qui conditionne le regard du spectateur. Issu d’un parcours en arts vivants et en anthropologie, il travaille à questionner la perception du geste, les codes qui structurent les pratiques artistiques et les liens entre danse, acte performatif, théâtralité et système symbolique. Il a collaboré à divers projets en tant que chorégraphe, interprète, dramaturge et directeur artistique.

Hannah Covey est une photographe basée à Montréal qui explore le portrait, la mode et l’image conceptuelle. Son travail s’intéresse au mouvement, à l’identité et à l’atmosphère, souvent à travers des collaborations avec des danseur·ses, des performeur·ses et des artistes. Avec plus de huit ans d’expérience, elle a réalisé des projets allant de portraits intimes à des images axées sur la performance. Elle complète actuellement un baccalauréat en photographie à l’Université Concordia, où elle développe son approche conceptuelle et technique. Hannah privilégie un processus collaboratif et sensible, créant des images expressives, réfléchies et ancrées dans une forte sensibilité visuelle.

Alexander Ellison a obtenu son diplôme de l’École nationale de ballet du Canada en 2017 sous la direction de Mavis Staines. Il a rejoint Cas Public la même année. Après avoir passé cinq ans à interpréter exclusivement les œuvres d’Hélène Blackburn, que ce soit au Québec ou à l’étranger, il amorce une carrière de danseur pigiste en 2023 tout en conservant un lien fort avec Cas Public. Au fil des ans, il a eu l’opportunité de danser pour Céline Dion, de collaborer en studio avec Édouard Lock, de créer avec Helen Simard et, plus récemment, d’interpréter la chorégraphie de Béatrice Larouche dans un court métrage de l’artiste visuel Jonathan Tremblay. Il a également participé à des œuvres d’Aszure Barton, John Neumeier, George Balanchine, Cai Glover, Adrian Batt et Pauline Berndsen Gervais. Récemment, il assistait Hélène Blackburn dans sa création pour les Grands Ballets Canadiens. Depuis 2020, Alexander signe également les portraits officiels des danseurs de la compagnie.

Nous avons abordé la création de Minuit portant comme un espace d’exploration entre corps, mémoire et contraintes. À partir d’improvisations, nous avons revisité des gestes simples — s’asseoir, se tenir, se déplacer, les manières de regarder — en les ralentissant, en les répétant, en les poussant jusqu’à l’absurde, pour faire apparaître ce qu’ils contiennent.

Rapidement une question nous a guidées: quels gestes nous appartiennent réellement, et lesquels rejouons-nous sans y penser ?

Nous avons nourri notre recherche d’images du XVIII siècle — postures codifiées, vêtements contraignants — mises en dialogue avec nos propres expériences et les injonctions contemporaines qui traversent les corps féminins. Les costumes et mobiliers sont devenus de véritables partenaires de jeu, imposant leurs propres règles.

Entre écriture chorégraphique et recherches théâtrales, la pièce s’est développée par tableaux, laissant place à l’apologie, à la répétition et au décalage. Peu à peu, un langage commun a émergé: celui de corps qui oscillent entre conformité et débordement, entre héritage et tentative de réappropriation.

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