Porter l'héritage

De l'oppression, imaginer des futurs possibles

Maggie & Me

Christine Friday / Pukawiss Performance (Ottawa)

20 minutes

Il y a deux Maggie à l’origine de cette pièce chorégraphique autochtone contemporaine. L’une est Maggie Wilson, qui dansait pour susciter le bonheur au 19e siècle et qui est apparue dans un rêve à Christine sous la forme d’un oiseau. L’autre est Maggie White, une des mères de la danse traditionnelle Jingle Dress. Elles sont devenues les guides spirituelles de l’artiste. Dans ce solo à la signature particulière, à la fois lyrique, explosif et contemporain, la danseuse-chorégraphe nous guide à travers différentes dimensions de l’existence, passé, présent et futur. Interprétant le parcours de sa vie, elle nous parle de sa communauté, de sa famille, de ses ancêtres, de la guérison, mais surtout de la revitalisation de sa culture. Dans un environnement sonore fait de percussions et de voix, elle embrasse sa propre puissance telle (comme la décrivait sa professeure de ballet) « un cheval fougueux qui ne se laisse pas apprivoiser ».

Concept, chorégraphie et interprétation Christine Friday

Dramaturge Robert Desrosiers

Concepteur sonore Rob Bertola

Christine Friday a débuté sa carrière en 1992 à l’âge de 18 ans au sein de la production of In Land of Spirits pour un contrat de trois ans avec le Desrosiers Dance Theatre. À 18 ans, elle gagne le YTV Award ainsi que de nombreux prix récompensant son développement artistique et son travail solo. Elle a été formée en ballet classique à l’École nationale de ballet, à l’École de danse d’Ottawa et au Ballet Royal de Winnipeg, et en danse contemporaine au Winnipeg Contemporary Dancers et au Main Dance Place à Vancouver. Christine a poursuivi une carrière en danse pendant 24 ans tout en ayant construit une famille avec 3 garçons. Elle fut interprète dans 6 productions du Aboriginal Achievement Awards. Christine a toujours eu a cœur de chorégraphier des solos, des spectacles pour le jeune public, des productions à grand déploiement dédiées aux Premières Nations comme celles de Bear Island, Lake Temagami, Attawapiskat, Moose Factory, Cape Croker, Yukon, Banff, Ottawa, Golden Lake, Peterborough, Toronto, Kehewin et Lac la Croix. Sa nouvelle pièce s’intitule Maggie & Me et scelle la naissance de sa compagnie Pukawiss Performance, dont l’esthétique mélange danse contemporaine et danse traditionnelle. « Mon intention est d’éveiller les gens dans leurs êtres, créant un changement dans le monde et reflétant la réalité et l’expérience humaine. »

Moi-Me-Man

Nasim Lootij

30 minutes

« Le passé n’est jamais mort. Il n’est même pas passé. » (William Faulkner)

Comme de nombreux jeunes de sa génération, cette chorégraphe iranienne porte sur ses épaules le poids de la révolution de 1979 et le souvenir de la guerre entre l’Irak et l’Iran. Au lendemain de ces évènements, danser était devenu interdit. Puisant dans ses souvenirs personnels mais aussi faisant appel à la mémoire collective, elle nous délivre un solo puissant et sombre. Sur fond de bruits de guerre, cette artiste néo-expressionniste cherche à incarner par le corps la lutte intérieure d’une âme et celle de l’humanité. Enveloppée dans un voile noir, prise dans la bataille entre les forces du passé et du présent, elle s’interroge : sommes-nous prisonniers de la fatalité ou pouvons-nous forger notre propre avenir ?

Chorégraphie, interprétation et conception sonore Nasim Lootij

Dramaturgie et voix Kiasa Nazeran

Conception d’éclairage et direction technique Benoit Larivière

Surpervision sonore Alex Lachapelle Raymond

Photographie Narcisse E. Esfahani

Texte Hannah Arendt (La crise de la culture)

Résidences de création José Navas/Compagnie Flak, MAI (Montréal arts interculturels)

 

José Navas est fier de parrainer Nasim Lootij dans le cadre de son partenariat de résidence avec Tangente.

 

Ce spectacle a bénéficié du soutien de la Caisse Desjardins de la Culture dans le cadre de notre projet de sociofinancement « Donnez un coup de pouce, déplacez une montagne ! » sur la plateforme KissKissBankBank.

 

Une première version de cette chorégraphie a été présentée au festival Accès Asie en partenariat avec le groupe QuébéAsia le 15 Mai 2016.

Deux sources sont à l’origine de ce solo que j’ai nommé Moi-Me-Man. D’un côté, il y a mon propre vécu; de l’autre côté, il y a un livre de Hannah Arendt nommé Crise de la culture. Dans ce livre, Arendt a recours à une parabole kafkaïenne pour dire que l’esprit humain ressemble à un champ de bataille. Un champ où deux groupes de forces sont en conflit permanent : celles du passé et celles du futur.

Dans ce solo, la scène représente mon propre esprit et les mouvements que j’y enchaine sont soit les représentants des évènements qui m’attachent à mon passé, soit les représentants des forces qui me poussent vers mon avenir. Concernant les évènements du passé, je n’en ai choisi que deux : une révolution et une guerre. La révolution est celle qui se produit en Iran, mon pays natal, en 1979, et la guerre est celle qui se produit entre l’Iran et l’Irak de 1980 à 1988.

Or pour concevoir l’esthétique de mes mouvements, je me suis inspirée de deux autres sources. La première est les images de la guerre et de la révolution que j’ai trouvées sur le web ; la deuxième est la danse expressionniste allemande. Née dans l’Allemagne chaotique des années 20, cette danse saurait aider tout chorégraphe qui, comme moi, désire représenter les êtres humains face aux forces noires de l’histoire.

Une bande sonore accompagne cette chorégraphie. Composée des bruits de la guerre et de la révolution, cette bande m’aide à retrouver les émotions que ces évènements évoquaient en moi quand je les vivais en Iran.

Chorégraphe, pédagogue et danseuse contemporaine, Nasim Lootij commence son travail en Iran dans les années 2000. Installée en France en 2006, elle commence ses études chorégraphiques à l’université Paris 8, ce qui la mène ensuite à suivre parallèlement deux formations, celle de Rencontres Internationales de Danse Contemporaine (RIDC) et celle du conservatoire Jean Wiener avant d’entrer en 2012 au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP) pour étudier la notation Laban. Ces études lui permettent ensuite de poursuivre ses activités professionnelles dans quatre champs. En tant que danseuse, elle collabore avec des chorégraphes comme Odile Duboc, Dominique Dupuy, Christine Gérard, Alban Richard, Cécile Loyer, Natalie Pernette et Nawel Oulad; en tant que notatrice, elle transcrit pour la première fois l’une des danses du Nord-Est de l’Iran; en tant que chorégraphe, elle met en scène un solo nommé Lalaï (Paris/2012), ce qui donne naissance ensuite à Bouyé Jouyé Moulian (Paris/2014) et à la première version de Moi-Me-Man (Montréal/2016); et en tant que pédagogue, elle anime un atelier de technique et création au studio de danse du MAI à Montréal, la ville où elle vit depuis 2015. Dans ses chorégraphies, Nasim s’inspire souvent des évènements qui ont bouleversé son pays d’origine (Iran) durant les années 70 et 80. Pour chorégraphier ces évènements, qui ont abouti dans la plupart des cas à la violence, elle a recours à un ensemble de qualités qui nous rappellent l’expressionnisme allemand des années trente. Or ces qualités se laissent parfois adoucir par celles qui sont propre à l’art iranien, à savoir la douceur, la lenteur et la continuité. C’est à travers cette esthétique que Nasim tente de communiquer aussi bien avec le public iranien qu’avec le public occidental.

Formé à l’Académie Européenne de Théâtre Corporel, à l’école Jacques Lecoq, à l’Université Paris 3 et à l’Université de Franche-Comté, Kiasa Nazeran est actuellement enseignant-chercheur au sein de ces deux universités. Depuis sept ans, il collabore, en tant que dramaturge, avec Nasim Lootij.

En 2009, après 15 ans en informatique, un choix s’impose : continuer dans le même domaine après une mise-à-pied massive ou vivre sa passion dans son métier. Benoit Larivière choisi le chemin de la passion et s’inscrit dans une formation de technicien de scène. À travers les projets, petits et gros, il trouve sa voie dans la conception d’éclairage. 2014 marque le début de collaborations en théâtre et la conception des éclairages des soirées Passerelles 840 du département de danse de l’UQAM. Depuis, il travail avec les compagnies de danse Tentacle Tribe, 100Lux et Ebnfloh, les chorégraphes Monstapop et Claudia Chan Tak, et la compagnie de théâtre Les écorché vifs.

L’internationale sonore du Bas-Canada est un collectif de compositeurs musicaux et de concepteurs dirigé par Alex Lachapelle Raymond. Il compose des trames sonores narratives pour le cinéma, la danse, des musées, des installations interactives, la pub, et le théâtre.

Artiste visuel et photographe, Narcisse E. Esfahani commence ses études artistiques en Design industriel à l’Université d’Art et Architecture de Téhéran. En 2007, elle part en France pour continuer ses études en Arts plastiques à l’Université de Toulouse-Le Mirail et puis en Design à l’École Des Beaux-Arts de Toulouse. Depuis 2012, elle vit à Montréal et expose ses oeuvres dans plusieurs galeries comme la Galerie Fabienne Rhein, Mekic, Tohu et Artothèque. Elle travaille actuellement sur un projet vidéographique nommé la présence du passé, financé par Conseil des arts de Montréal.

En co-présentation avec Nord Sud Arts et Cultures dans le cadre du Festival Altérité Pas à Pas..!