Programme triple

26. 27. 28 MARS 2020 - 19H30

29 MARS 2020 - 16H

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DISCUSSION AVEC LES ARTISTES LE 27 MAR.

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26 MARS 19H30

27 MARS 19H30

28 MARS 19H30

29 MARS 16H

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1re œuvre - 30 minutes

Hanna Sybille Müller & Erin Robinsong

Polymorphic Microbe Bodies

Une salle ouverte. Ou un corps vivant. Ou un laboratoire à sensations. Le public est chorégraphié par l’expérience. Un processus inspiré de la cohabitation de plusieurs espèces. Comment l’être humain est-il simultanément un hôte de toute une diversité d’entités et l’un des organismes de cet écosystème? Comment se négocie et se ressent toute cette vie foisonnante? À tour de rôle microbe, bactérie et observateur, le spectateur est à la fois la toile de fond, l’œuvre et l’expérienceur de cet espace multisensoriel, où la danse n’est plus seulement vue, mais perçue avec tout son corps.

Chorégraphe et poète Erin Robinsong

Chorégraphe et interprète Hanna Sybille Müller

Interprètes et collaboratrices Kelly Keenan, Lara Oundjian

Oeil extérieur Adam Kinner

Biologiste et conseil scientifique Merlin Sheldrake

Interprète, compositeur et concepteur sonore Jory Strachan

Dans notre précédente collaboration revolutions, nous avions mené des entretiens sur le thème des révolutions avec des experts issus de différents domaines. L’un d’entre eux, un biologiste, avait parlé des communautés microbiennes que nous sommes. Biologiquement, un «individu» est une fiction: nous sommes plutôt une planète composée d’écosystèmes, d’habitants et de relations. En studio, nous avions alors traduit ces idées en matériau chorégraphique. Ce matériau n’avait pas trouvé sa place dans révolutions, étant trop éloigné du reste. Il est devenu le point de départ d’une toute nouvelle pièce.

En créant Polymorphic Microbe Bodies, nous nous sommes demandé: pourquoi la danse étant un art somatique est-elle si souvent perçue visuellement? Comment pouvons-nous créer une œuvre qui engage les sens ressentis et somatiques du public? Suivre ces questions signifiait pour nous un processus de travail complètement nouveau. À tour de rôle, nous nous sommes provoquées mutuellement des expériences sensorielles et linguistiques et au travers d’essais, d’erreurs, de recherches et de jeux, cette pièce est apparue.

Erin Robinsong est une poète et chorégraphe qui travaille avec un imaginaire écologique. Son premier recueil, Rag Cosmology (BookThug, 2017), a remporté le prix A.M. Klein de poésie et ses poèmes ont été publiés dans de nombreux journaux et anthologies tels que Counter-Desecration, Glossary for Writing Within the Anthropocene, Regreen: New Canadian Ecological Poetry, Vallum, Lemon Hound et The Capilano Review. Elle a collaboré à des performances collaboratives avec Hanna Sybille Müller et Andréa de Keijzer dont This ritual is not an accident (2016), Facing away from that which is coming (2017) et revolutions (2018). Originaire de Cortes Island, Erin vit à Montréal.

Hanna Sybille Müller est une chorégraphe, interprète et dramaturge vivant à Montréal. Elle travaille avec la langue, les mouvements et leurs interdépendances. Hanna Sybille s’intéresse aux puissances ordinaires et magiques du corps et du langage. Ses projets récents incluent révolutions (Tangente 2018) et transposition (Usine C, Studio 303, OFFTA 2017). Comme chorégraphe, elle a collaboré avec Andréa de Keijzer, Erin Robinsong et Eva Meyer-Keller. Depuis son arrivée au Québec en 2015, elle organise également une chorégraphie sociale intitulée Souptext Séries. Elle a étudié la danse à la Rotterdamse Dansacademie et est diplômée en études des médias à l’Université des Arts de Berlin en 2012.

Merlin Sheldrake est un écologiste tropical et microbiologiste basé à Londres. Il a reçu un doctorat en Tropical Ecology de l’Université de Cambridge. Ses recherches au Smithsonian Tropical Research Institute ont porté sur les réseaux souterrains fongiques dans les forêts tropicales au Panama. Il a donné de nombreuses conférences sur une grande variété de thèmes autour des sujets microbiens, allant de l’ethnobotanique amazonienne jusqu’aux pratiques brassicoles des premières époques modernes, en passant par la relation entre le son et la forme dans des systèmes résonnants. Il est musicien et interprète le piano et l’accordéon. Actuellement, il écrit un livre sur les champignons, à paraître chez Random House en 2020.

Jory Strachan est multi-instrumentiste, compositeur, auteur, artiste de session, concepteur sonore et musicien de tournée. Il a commencé sa carrière musicale dès l’adolescence et a travaillé depuis avec des artistes tels qu’Ingrid Gatin, Lucas Roger (ou Roger Roger) et Housepanther. Son travail figure sur plus de vingt enregistrements et sorties commerciales et il s’est produit sur scène à travers l’Amérique du Nord et l’Europe. Jory a étudié la production cinématographique à la Asper School of Theatre & Film de l’Université de Winnipeg et a travaillé plusieurs années dans l’industrie cinématographique dans les départements des arts et du son. Il poursuit maintenant son propre projet solo Wrecker. Jory travaille également dans les arts sonores et la conception sonore.

2de œuvre - 25 minutes

Hugo Dalphond

Étude sur la pénombre

Un éclairage minimal plutôt que minimaliste. Hugo propose un dispositif scénographique permettant d’étudier le rapport de coprésence spectateur-performeur dans un contexte d’obscurité où se dévoile la recherche d’une dramaturgie de la noirceur. Puisque la pénombre est difficile à soutenir pour l’œil, la situation révèle une compréhension différente du réel. La perception limitée de l’espace et du corps de l’interprète en mouvement permet de brouiller les frontières entre matérialité et hallucination visuelle. Si l’action n’existe pas mais que l’œil crée sa propre danse, le concepteur chorégraphie-t-il l’expérience autant que le geste? Et si le dysfonctionnement des sens offrait une alternative à la réalité?

Créateur Hugo Dalphond

Interprète François Richard

Compositeur Mathieu Seulement

Étude sur la pénombre s’inscrit dans un cycle de travail sur l’usage de la lumière en art. Je désire m’extraire de la tendance qui réduit souvent le travail de la lumière à l’innovation technologique ou au spectaculaire. Cette idéologie valorise l’élaboration d’apparatus détachés de toute relation sincère au réel, ce qui échoue, il me semble, à nous informer sur le monde dans lequel nous vivons. À l’inverse, je m’intéresse à approfondir le potentiel relationnel de la lumière. Je désire comprendre comment elle donne forme à l’espace; comment elle révèle les corps présents; comment elle établit des spatialités; comment son comportement altère notre perception du temps. Sont alors, il me semble, générées des situations qui interrogent l’immédiateté du vécu et la dimension sensible de notre rapport à la lumière, à l’espace et aux corps. J’explore donc ici une approche somatique qui s’articule principalement sur l’organisation de l’attention du spectateur et sur la succession de différents états de perception.

Hugo Dalphond interroge la synergie des corps, de l’espace et de la lumière en élaborant des dispositifs scénographiques initiateurs de rencontres. C’est principalement en faisant cohabiter les spectateurs et les performeurs au sein d’un même lieu et en modulant leur perception de l’espace qu’il fonde des expériences sensorielles alternatives. C’est alors l’occasion de s’engager dans différentes qualités de co-présence et de prendre ainsi conscience de notre rapport à l’autre. Depuis 2015, il aborde également ces questionnements dans le cadre d’un doctorat qui a pour sujet l’installation lumineuse et l’opportunité spatiale qu’elle offre à réfléchir notre sentiment de collectivité. De plus, en parallèle, il collabore en tant qu’éclairagiste et scénographe sur différents projets en théâtre et en danse.

Né au Nouveau-Brunswick, François Richard a fait sa formation au Royal Winnipeg Ballet School. Depuis le début de sa carrière professionnelle, il a dansé dans plus de vingt pays avec plusieurs compagnies, dont le Royal Winnipeg Ballet, Les Grands Ballets, José Navas/Compagnie Flak, Van Grimde Corps Secrets, Sylvain Émard Danse, PPS Danse et AP&A. Il a travaillé notamment avec des chorégraphes tels que José Navas, Sylvain Émard, Isabelle Van Grimde, Virginie Brunelle, Andrea Peña, Edgar Zendejas, Victor Quijada, Anne Plamondon, David Rancourt et Roger Sinha. En 2011, il fait partie du court métrage ORA, produit par l’ONF et est nommé pour le prix Génie en 2012. Pour son solo JE, SANS NOM, une collaboration avec Andrea Peña, il gagne le prix du meilleur interprète au Festival Quartiers Danses ainsi que le prix pour la meilleure chorégraphie au Hong Kong International Choreography Festival en 2018. Il a enseigné dans plusieurs écoles et compagnies dont l’Université Concordia, BJM entre autres. En 2014, il rejoint le conseil administratif de Danse à la Carte et y intervient comme professeur régulier. Aujourd’hui, il est basé à Montréal en tant que professeur et artiste indépendant.

Mathieu Seulement est un musicien électronique de Montréal. Il s’est fait connaître par son travail au sein du groupe Technical Kidman avec qui il a fait paraître deux albums. Plus récemment, il travaille sur SEULEMENT, son nouveau projet solo avec lequel il a offert sa première performance dans le cadre de OK LÀ 2018 à Verdun. Il travaille aussi régulièrement avec la troupe multidisciplinaire projets hybris pour qui il a assumé les rôles de musicien et de concepteur sonore et musical lors de leur plus récent spectacle youngnesse présenté à la Chapelle Scènes Contemporaines en septembre 2018, ainsi que pour leur installation performative thegiftsofthegifted présentée dans le cadre de la Nuit Blanche 2018 à DHC/ART. Il a aussi assuré la conception sonore et musicale de la pièce & du collectif For Fauve et a réalisé la musique du dispositif performatif Dans l’idée de ne plus être ici d’Hugo Dalphond, tous deux présentés à Tangente en novembre et mars 2018 respectivement. En plus de plancher sur un album solo, il travaille actuellement sur une nouvelle création d’Hugo Dalphond et fait partie du nouveau groupe musical Météo Ciel Bleu.

3e œuvre - 30 minutes

Hélène Messier

SOIE

Comment habiter l’immobilité? Invoquant le butō et le modèle vivant, Hélène cherche à entrer dans un mode méditatif qu’elle partage avec le public. Sur un piédestal de performance, dans une salle dans laquelle se perd la sensation des murs et du plafond, elle crée un tiers espace neutre. Nulle part et partout à la fois. À partir d’impulsions imaginaires et sensibles, elle laisse son corps être afin qu’il devienne œuvre d’art, puis paysage. La gestuelle minimale, la lenteur, la répétition des mouvements et une valse avec le tempo terminent d’installer un non-temps, ou un retour au temps universel.

Chorégraphe et interprète Hélène Messier

Concepteur d’éclairage Hugo Dalphond

Compositeur Olivier Girouard

Répétiteur David Rancourt

Avec SOIE, je me suis intéressée à la présence attentive orientée vers mes impulsions intérieures comme moyen de favoriser l’expérience du spirituel. Et pour moi, le spirituel est une quête de compréhension profonde, par l’intelligence qui ressent, de l’essence fondamentale de l’être humain dans sa relation au monde. C’est de cette quête d’essence dont il est question avec SOIE, à travers les notions de contemplation, de présence attentive à l’ici et maintenant, de dépouillement, d’ouverture et de porosité entre mon intimité et ma relation au monde. Grandement inspirée par mes pratiques en méditation, en butô, ainsi qu’en modèle vivant, SOIE est un moment introspectif vécu à partir de poses sculpturales immobiles, ainsi que de mouvements minimaux, subtils, délicats ou répétitifs portés par ma nécessité intérieure. Dépouillée, le corps est à la fois nature, paysage et véhicule pour quelque chose de plus grand.

Hélène Messier a reçu son entraînement butô, principalement de Mario Veillette, en plus des professeurs suivants: Denyse Fujiwara, Paul Ibey, Jocelyne Montpetit, Yoshito, Ohno, Diego Pinon, Martine Viale et Yumiko Yoshioka. Elle a été interprète pour Mario Veillette, Katia-Marie Germain, ainsi que pour Ample Man Danse. Elle a également collaboré à plusieurs reprises avec Manuel Shink et Clarisse Delatour. Elle est actuellement engagée dans un processus de création avec Sara Dell’Ava. Graduée du baccalauréat en chorégraphie à Concordia, elle base son travail de création sur l’imaginaire, le travail d’état et l’éducation somatique, créant des univers profonds, sensibles et poétiques. Ses créations ont été présentées à Short and Sweet (FTA), Danses Buissonnières, Piss in the Pool et Quartiers Danses. Hélène termine tout juste un processus de maitrise à l’UQAM, étudiant la relation entre la présence attentive aux impulsions internes et l’expérience du spirituel dans sa pratique en danse butô. Parallèlement, elle pratique la méditation pleine conscience depuis une dizaine d’année, en plus de pratiquer le modèle vivant depuis quatre ans. Ces pratiques font intrinsèquement partie de sa démarche artistique, nourrissant profondément sa quête spirituelle.

Hugo Dalphond interroge la synergie des corps, de l’espace et de la lumière en élaborant des dispositifs scénographiques initiateurs de rencontres. C’est principalement en faisant cohabiter les spectateurs et les performeurs au sein d’un même lieu et en modulant leur perception de l’espace qu’il fonde des expériences sensorielles alternatives. C’est alors l’occasion de s’engager dans différentes qualités de co-présence et de prendre ainsi conscience de notre rapport à l’autre. Depuis 2015, il aborde également ces questionnements dans le cadre d’un doctorat qui a pour sujet l’installation lumineuse et l’opportunité spatiale qu’elle offre à réfléchir notre sentiment de collectivité. De plus, en parallèle, il collabore en tant qu’éclairagiste et scénographe sur différents projets en théâtre et en danse.

C’est au hasard d’une journée portes ouvertes, au Conservatoire de musique de Montréal, qu’Olivier Girouard découvre la bande magnétique. Le pouvoir évocateur du son, sa longueur en mètres, tangible. Suivent les magnétophones subtilisés au grenier de l’école pour créer une première trame son accompagnant la danse. Musique concrète. Prise de son. Montage. Depuis, il s’amuse à créer des œuvres pour la scène et pour l’espace public.

Artiste en danse, David Rancourt s’est principalement illustré comme interprète depuis ses études à LADMMI. Son travail auprès de nombreux chorégraphes l’amène à expérimenter un large éventail de visions de l’art et du mouvement et lui permet de danser sur des scènes tant locales, nationales qu’internationales. Il collabore avec les artistes Alan Lake, Pierre-Paul Savoie et Annie Gagnon en plus de se joindre à des projets de Caroline Laurin Beaucage, Aurélie Pedron et Ariane Boulet.

Passionné des arts du mouvement et du souffle, il pratique le Continuum avec Linda Rabin et le Qi Gong auprès de Marie-Claude Rodrigue depuis plus de quinze ans. Il fait également partie de l’équipe d’enseignants de l’école Fragments Libres. Comme créateur, ses œuvres chorégraphiques prennent plusieurs formes: Temps/espace, une installation et performance dans le cadre du 1er anniversaire de la Maison pour la Danse à Québec ainsi que plusieurs courtes formes qui s’insèrent dans trois productions de PPS Danse; Les Chaises, Danse Lhasa Danse et Corps, Amour, Anarchie Léo Ferré.  À titre d’œil extérieur et conseiller artistique, mentionnons sa collaboration avec Edgar Zendejas chez Ezdanza et avec Myriam Allard et Hedi Graja de La Otra Orilla, en plus de travailler ponctuellement avec d’autres créateurs de sa génération.