ÉDIFICE WILDER | ESPACE VERT

3, 4 MARS 2023 - 19H

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Discussion avec les artistes après chaque représentation

AVERTISSEMENT: Ce spectacle comporte des effets stroboscopiques.

50 minutes

Hugo Dalphond

Spatialités éphémères

Dix tiges de lumière suspendues dans l’espace tombent à différents angles contre le sol à chaque fois qu’elles montent et descendent, créant des architectures changeantes. À l’intérieur de ce dispositif scénique, trois performeurs offrent une série de solos expérimentant les spatialités engendrées par cette scénographie en constante évolution. Un logiciel module le comportement de la lumière, dont les mouvements révèlent des présences performatives fuyantes et fulgurantes. Les contrastes entre ces intenses luminosités et les noirs profonds fragmentent les corps des performeurs. Ces spatialités invitent le public dans des dérives perceptuelles.

Artiste multidisciplinaire et initiateur du projet Hugo Dalphond

Performeurs Myriam Arseneault, Jontae McCrory, Charlie Prince

Musicien Mathieu Arsenault

Directrice des répétitions Sophie Michaud

Dramaturge Andrea Peña

La spécificité du projet réside dans le désir d’utiliser le dispositif comme cadre de création et de réflexion sur le monde. En ce sens, le projet fait le choix conscient d’inverser le processus de création traditionnel qui cherche avant tout à asseoir la partition performative pour ensuite constituer un environnement scénographique propice à la performance. À l’inverse, la démarche consiste ici à développer le dispositif et à expérimenter les spatialités qu’il engendre, pour ensuite comprendre comment il ouvre la voie à des états de corps précis et insoupçonnés. L’œuvre s’appuie sur l’intuition qu’en interrogeant ainsi tout d’abord l’organisation et notre perception de l’espace, il sera possible de rendre lisible et sensible la manière dont le corps entre en relation avec ce qui l’entoure. Créer à partir d’un dispositif s’incarne ici dans l’idée d’immerger les corps (des personnes spectatrices et performeuses) dans des environnements perceptuels en tension pour ainsi ouvrir à de nouvelles pratiques somatiques. Il s’agit donc d’un processus qui réfléchit simultanément le partage de spatialités et de corporéités.

Hugo Dalphond interroge la synergie des corps, de l’espace et de la lumière en élaborant des dispositifs scénographiques initiateurs de rencontres. C’est principalement en faisant cohabiter les spectateurs et les performeurs au sein d’un même lieu et en modulant leur perception de l’espace qu’il fonde des expériences sensorielles alternatives. C’est alors l’occasion de s’engager dans différentes qualités de coprésence et de prendre ainsi conscience de notre rapport à l’autre. Il aborde et prolonge également ces questionnements à travers l’enseignement et la recherche-création à l’École supérieure de théâtre. Hugo Dalphond collabore aussi en tant qu’éclairagiste et scénographe sur différentes créations en théâtre et en danse.

Issue d’une formation en musique classique et en création littéraire, Myriam Arseneault est finissante du profil interprétation de la danse de l’UQAM en 2017. Depuis sa sortie de l’école, elle collabore à titre d’interprète aux divers projets de la compagnie Le Carré de Lombes/Danièle Desnoyers (Unfold/7 Perspectives, Unfold|Une conférence dansée, Montréal-Marrakech, La forêt mixte). Ses premières créations sont présentées à Danses Buissonnières (2017), au OFFTA et Première ovation (2017) ainsi qu’à Tangente (2018). Depuis 2019, elle performe dans les projets de recherche du concepteur d’éclairage Hugo Dalphond. Présentement aux études de deuxième cycle en danse à l’UQAM, elle s’inspire d’approches somatiques, philosophiques et magiques afin de développer un engagement à la fois sensible, critique et complexe du corps.

Originaire de Détroit (Michigan), Jontae McCrory a amorcé sa formation à l’Université Western Michigan à 19 ans. Il a suivi le cours de danse d’un an de BalletBoyz à Londres (R.-U.) en 2017. Au cours de sa formation, il a eu la chance d’apprendre des œuvres de Kyle Abraham, James Gregg, Frank Chaves et Aszure Barton. Cinéaste et chorégraphe, il a vu ses œuvres à l’affiche du concert du gala 2017 de l’American College Dance Association, du Festival du film LGBTQ+ de Paris Chéries-Chéris, des Rendez-vous Québec Cinéma et du BBC Film Network de Londres. Il œuvre avec la compagnie de danse contemporaine RUBBERBAND depuis 2018 et se produit comme artiste invité avec la Decidedly Jazz Dance Company depuis 2020. Artiste indépendant basé à Montréal, il collabore actuellement avec Andrea Peña & Artists.

Mathieu Arsenault est un musicien électronique et chanteur de Montréal. Il s’est fait connaître par son travail au sein du groupe rock expérimental Technical Kidman avec qui il a fait paraître deux albums. Plus récemment, il travaille sur SEULEMENT, son nouveau projet solo avec lequel il a offert sa première performance dans le cadre de OK LÀ 2018 à Verdun. Il travaille aussi régulièrement avec la troupe multidisciplinaire projets hybris, pour qui il a assumé les rôles de musicien et concepteur sonore et musical lors de leur plus récent spectacle youngnesse présenté à La Chapelle Scènes Contemporaines en 2018, ainsi que pour leur installation performative thegiftsofthegifted présentée dans le cadre de la Nuit Blanche 2018 à DHC/ART. Il a aussi assuré la conception sonore et musicale de la pièce & du collectif For Fauve et réalisé la musique du dispositif performatif Dans l’idée de ne plus être ici de Hugo Dalphond, tous deux présentés à Tangente en 2018. En plus de plancher sur un album solo, il travaille actuellement sur une nouvelle création de Hugo Dalphond et fait partie du nouveau groupe musical Météo Ciel Bleu.

Sophie Michaud amorce sa carrière au début des années 80. Inscrite au baccalauréat en danse de l’UQAM, elle évolue alors dans le milieu professionnel comme interprète et s’implique dans de nombreux projets lui permettant de se familiariser avec les différents aspects de la production en danse. Au terme de cette investigation, une première expérience à titre de répétitrice l’interpelle fortement. Pour elle s’ouvre un nouvel espace de recherche où savoir-faire et «savoir être» participent d’une même intention: développer un mode d’intervention dynamique et sensible favorisant la création sous ses diverses formes. À partir des années 90, elle multiplie les engagements à titre de répétitrice et entame des études supérieures afin d’approfondir sa compréhension du rôle qu’elle tient auprès des interprètes et des chorégraphes.