Les Soirées 100Lux 2023

ÉDIFICE WILDER | ESPACE ORANGE

23, 24, 25 MARS 2023 - 19H

26 MARS 2023 - 16H

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Discussion avec les artistes le 24 mars

Ce spectacle fait partie de la promotion Voir la danse sur 4 scènes.

L’ordre des pièces peut être modifié sans avis préalable.

Si ce spectacle vous intéresse, vous aimeriez peut-être aussi découvrir les 2 courtes vidéodanses inspirées de ces œuvres que les artistes ont créées.

Une coprésentation avec
1re œuvre - 35 minutes

Circul’R Bérénice Dupuis & David Phiphak

Kafka Paradise

Quelle balance entre notre besoin des autres et la quête de liberté? À travers le travail de partenaires et de groupe, quatre interprètes explorent les possibilités poétiques du breakdance, y intégrant douceur et fluidité. Les relations d’entraide qui se dessinent de prime abord deviennent de plus en plus aliénantes. Dans une métamorphose kafkaïenne, le groupe se meut tantôt en symbiose, tantôt en panier de crabes, tantôt en engrenage d’où émerge une nouvelle entité régnant sur ses parties tel un régent sévère, un monstre marin qui dévore les individus pour calmer ses instincts: le Léviathan.

Danses de rue·Méditatif·Absurde

Cocréation de la chorégraphie et interprétation Bérénice «B-Nice» Dupuis et David «Laos» Phiphak/Compagnie Circul’R

Interprétation Joe Danny Aurélien, Charles Gao

Direction des répétitions et regard extérieur Geneviève «Tonik» Gagné

Conception des éclairages Tiffanie Boffa

Conception des costumes et des accessoires scénographiques Cassandre Brillant

Composition musicale Samuel «Sungprod» Nadai

Regards extérieurs Victoria «VicVersa» Mackenzie, Sovann Rochon-Prom Tep, Helen Simard

Le projet chorégraphique nommé Kafka Paradise est un quatuor qui réunit les figures du breakdance Jo Danny «Dingo» Aurélien, David «Laos» Phiphak, Bérénice «B-Nice» Dupuis et Charles «Mercenary» Gao sur scène pour explorer une prémisse: et si le collectif se métamorphosait en un monstre à plusieurs pattes? Un genre de Léviathan? C’est donc un quatuor qui parcourt plusieurs formations de plus en plus oppressantes: il met en scène notamment une boule de corps indistincts qui roulent ensemble. Cette boule, tantôt totem, tantôt mille-pattes, se nourrit des individus à leur insu pour exister, manipulant ses différentes parties et veillant à ne pas les frustrer, leur donnant ainsi une illusion de liberté et de choix pour ne pas se faire attaquer de l’intérieur. Cette boule absurde passe aussi par l’image de l’agrégat, du panier de crabes, de défis ridicules. Nous utilisons les techniques de breakdance, une danse compétitive, pour danser non seulement au sol mais aussi les uns sur les autres. Nous développons un travail de partenaires s’inspirant surtout des systèmes d’improvisations qui laissent transparaître tantôt l’entraide physique, tantôt les frictions inhérentes à une forme de boule de corps peu confortable. Quand la boule devient machine, rendant la complémentarité entre les individus efficace, mécanisant parfaitement son organisation par «une ruse de la raison», chacun ne se sent plus qu’un rouage déshumanisé. Avec des parcours académiques en philosophie et en sociologie, la danse est pour nous un terrain servant à réfléchir à l’individualisme, à l’aliénation post-moderne et à la perte de repères qui caractérisent la marche de la civilisation vers plus de rationalité, d’efficacité et d’organisation. Cette boule de corps qui devient elle-même un individu représente bien le paradoxe entre le besoin des autres et l’individu moderne déboussolé mais croyant se suffire à lui-même. Nous avons, après tout, tant besoin des autres?

Née à Ottawa d’un père québécois et d’une mère française, la chorégraphe, danseuse et interprète Bérénice «B-Nice» Dupuis se définit dans l’addition des langages, des pratiques et des frontières. Formée en théâtre, en scénarisation et titulaire d’une maîtrise de philosophie de La Sorbonne, elle enseigne la philosophie tout en poursuivant la pratique du breakdance, pratique amorcée en 2003 à Montréal, se hissant au sein de l’équipe nationale de breakdance du Canada. Pour pouvoir explorer librement les qualités dramaturgiques de la danse urbaine, elle cofonde Circul’R avec David «Laos» Phiphak en 2013, compagnie qui s’illustre sur la scène internationale avant de se relocaliser à Montréal en 2018. Leurs créations se sont illustrées dans le milieu de la danse urbaine et contemporaine dans plusieurs pays: Festivals Kalypso (France), Suresnes Cité Danse (France), Jonk ! (Suède), Echo Echo (Irlande), Street Perspektif (Allemagne), Désolé Maman (France), Centro Coregrafico de la Gomera (Espagne), etc. Bérénice crée individuellement des solos présentés notamment en France, à TPAM au Japon et à Tangente en 2020. Bérénice est depuis 2018 assistante administrative en gestion locative.

David «Laos» Phiphak, membre du groupe montréalais Fresh Format, débute la danse en 1993 en France avec les pionniers du groupe Aktuel Force. Champion de la Coupe du monde de breakdance en 2001, il a travaillé durant dix ans comme interprète pour le chorégraphe contemporain Régis Obadia ainsi que pour de nombreuses compagnies, dont Choréam, Ykanji, Compagnie Par Terre, La Rualité, Black Blanc Beur et Kham, mais aussi comme regard extérieur (La Rualité Bintou Dembélé) et enseignant (Juste Debout School, Micadanses, Fédération Française de Danse, entre autres) en plus d’être invité dans plusieurs pays pour donner des stages. Parallèlement à sa carrière de danseur, il obtient un B.A. en sociologie, qui nourrit sa réflexion. En 2013, il fonde avec Bérénice Dupuis la compagnie Circul’R, relocalisée à Montréal en 2018. À Montréal, David Phiphak s’est illustré avec une création à B-Side en 2019 et à Accès Asie 2020 (spectacle en ligne). David est depuis 2018 chargé d’entretien d’immeubles.

Joe Danny Aurélien cultive sa passion pour la compréhension du corps et du mouvement au travers une longue pratique du breakdance entamée en 1996 à Montréal. Membre fondateur du groupe de bboys RedMask/IllMask, Joe Danny a gagné d’illustres compétitions de breakdance (dont War is War en 2003, 2004 et 2005), a participé à la compétition King of the Ring en 2005 et en 2006, comptant parmi les 32 meilleurs bboys de l’Amérique du Nord. Il a lui-même produit l’événement annuel Who’s Hungry? durant plusieurs années ainsi que The Choice is Yours. Désirant partager son langage sur scène, il collabore à titre d’interprète avec RUBBERBANDance de 2002 à 2011, mais aussi avec Nadine Thouin, Jean Léger, Helen Simard, Solid State, Emily Honegger et Geneviève Gagné, Simon Ampleman, Mourad Mouaraki (Destins Croisés), Parts+Labour_Danse, Ford Mckeown Larose, et d’autres. Sa longue expérience l’a mené à développer une solide technique de mouvements au sol qu’il a eu l’occasion de partager lors d’un solo au festival 100Lux et dans de nombreux stages et médiations entourant les spectacles auxquels il a pris part. Joe Danny est aussi actif sous le nom de DJ Indigo. Il collabore aussi avec Lucas «LazyLegz» Patuelli, qu’il accompagne dans ses tournées et médiations. Joe Danny travaille également pour Postes Canada.

Originaire d’Ontario, Charles «Mercenary» Gao a débuté le breakdance alors qu’il complétait son baccalauréat en commerce à Queen’s University. Dévoué, il a initié la première compétition annuelle à Kingston avant de partir sillonner le monde à la rencontre de mentors et de remporter plusieurs compétitions, notamment en Inde, en Finlande et au Japon, représentant un style bien canadien. Récipiendaire de plusieurs prix et subventions soutenant son développement artistique et ses actions communautaires, il a notamment été sélectionné par le Conseil des arts de l’Ontario pour élaborer des missions artistiques éducatives en 2013 et 2014. Artiste pluridisciplinaire s’étant formé tant en danse qu’en mime et en théâtre à l’Université Concordia, il est reconnu comme étant un véritable pilier pour la communauté des BBoys/BGirls canadiens, étant l’instigateur de BBoy North, une chaîne YouTube archivant méticuleusement de nombreuses entrevues et battles canadiens. Consultant en marketing numérique, il collabore aussi avec la plateforme éducative BBoy Dojo.

Tiffanie Boffa est une conceptrice d’éclairage et directrice technique possédant une solide formation en danse, en théâtre et en scénographie. Formée à l’Université de Nice et à l’Université Concordia, elle compte parmi ses collaborateurs Katya Montaignac, Georges Stamos, Jon Lachlan-Stewart, Cédric Delorme-Bouchard, Paul Chambers, Hana Sybille Müller, Brice Noeser, pour ne nommer que ceux-là. Elle est aussi technicienne à l’UQAM et collabore ponctuellement avec le CCOV et d’autres institutions.

Samuel Nadai est un ingénieur du son directeur de projet chez Landr depuis 2014. Formé depuis son plus jeune âge à la musique au Conservatoire de Montpellier et diplômé de Musitechnic, il a une connaissance approfondie de la danse urbaine puisqu’il a travaillé comme interprète danseur pour les plus grands, dont le Cirque Eloize, Ampleman Dance et Destins Croisés pour ne nommer que ceux-ci. Il poursuit aussi ses productions personnelles sous le pseudonyme de Sungprod et compose pour plusieurs productions de Tentacle Tribe et d’autres compagnies de danse internationales.

2de œuvre - 25 minutes

Elie-Anne Ross

FLUX

Inspirée par le roman Mrs. Dalloway de Virginia Woolf, la chorégraphe-interprète Elie-Anne Ross applique la méthode du courant de conscience à sa pratique de popping. Cette technique d’écriture automatique lui permet de saisir son état mental et d’éviter les comportements autodestructeurs. Elle utilise les isolations comme technique de balayage du corps ainsi que le waving pour plonger dans un état méditatif, ralentir les vagues de conscience et se réapproprier son corps. L’animation multiplie les juxtapositions improbables, recréant le mode chaotique et surréel de l’imaginaire.

Intimiste·Danses de rue·Méditatif

Création et chorégraphie Elie-Anne Ross

Conseils artistiques Helen Simard

Conseils artistiques parole et masque Étienne Lou

Conception des costumes et des accessoires scénographiques Guillaume Plourde

Composition musicale Shash’U

Femme de front dans la culture de danses de rue montréalaise, Elie-Anne Ross a été initiée au popping en 2006, un style de danse funk né de la culture afro-américaine qui se distingue par des contractions et des isolements musculaires ainsi que des mouvements illusoires. Après cinq ans de formation avec les pionniers du popping à Montréal, tels que Fon DeVueno-Powell, Hitmaster Fish et Handy Yacinthe, elle devient autodidacte et participe à plusieurs battles ici et à l’international. Elle se positionne comme l’une des rares femmes au Canada qui se spécialise dans cette forme de danse. En 2017, elle devient membre du crew Symbiotic Monsters. Elle a travaillé pour le Cirque du Soleil et le Cirque Eloize et se produit dans différents festivals à Montréal, dont le festival JOAT, qu’elle codirige maintenant auprès d’Handy Yacinthe. Elle a été interprète pour plusieurs chorégraphes, dont Axelle Munezero, Saxon Fraser, Alexandra Landé, Emmanuelle Lephan et Martin Messier. Les performances et les battles l’ont amenée à voyager en Europe, au Maroc, en Arabie Saoudite et aux États-Unis. En 2017, elle termine son baccalauréat en danse à l’UQAM et devient interprète pour la compagnie Ebnflōh, dont elle fait toujours partie aujourd’hui. Nous pouvons la retrouver comme enseignante dans plusieurs établissements à Montréal. Elle continue de se réaliser à travers de nouveaux projets et prépare actuellement son premier solo intitulé FLUX. Son objectif est d’agrandir sa vision artistique en touchant à d’autres types d’art, dont le théâtre et le cinéma, ainsi qu’en continuant de collaborer avec la communauté d’ici et d’ailleurs.

Helen Simard est chorégraphe, répétitrice et dramaturge. Originaire de Kingston, en Ontario, elle s’est installée à Tiohtiá:ke/Montréal en 1996 pour poursuivre une carrière en danse. Helen Simard collabore avec des musiciens et des danseurs pour créer des spectacles interdisciplinaires viscéraux. Son travail utilise la répétition, des motifs spatiaux complexes et des techniques de saturation sensorielle pour créer des performances hypnotiques, voire oniriques, qui brouillent les frontières entre les espaces conscients et subconscients. Ses œuvres antérieures, telles que NO FUN (2014), IDIOT (2017), Dance Side of the Moon (2018), REQUIEM POP (2019) et PAPILLON (2020), sont joyeusement chaotiques et complexes dans leur simplicité, marchant sur une fine ligne entre le réel et l’imaginaire. Helen Simard détient un baccalauréat (Université Concordia, 2000) et une maîtrise en danse (Université du Québec à Montréal, 2014). Ses recherches actuelles explorent des thèmes liés au deuil, à la mémoire, à la nostalgie et aux échanges intergénérationnels.